« POURQUOI l'homme serait-il mauvais par nature ? »

une question restée sans réponse - lors du débat « L'homme est-il mauvais par nature ? » - au Parvis du Protestantisme,
15 rue Grignan, 13006 Marseille, du 20 janvier 2009, avec un procureur de la République, un théologien-pasteur et un artiste,
entourés d'un psychologue, d'un avocat, d'un historien...



      Et pourtant à pouvoir y répondre est un point crucial, car dans la nature l'espèce humaine n'est ni bonne ni mauvaise, elle est simplement animale.

      Combien Rousseau avait raison avec son « l'homme est bon par nature », car c'est le cas scientifiquement, au moins à une époque protohistorique et protothéologique, c'est-à-dire au moment où nos deux ancêtres vivaient dans le jardin d'Eden. Et ils en sont partis car ils ont croqué la pomme de la connaissance. Se prenant pour un semblable-à-l'image-de-Dieu (mais quel est ce dieu), l'homme actuel devint calculateur, intéressé, égoïste, autrement dit pécheur selon une vision trop réductrice des religions. Depuis la suppression de l'Enfer, et récemment du Paradis, dans les pays très développés où sévit l'Homo economicus, la seule question, acceptable pour ce dernier, reste « à quoi ça me sert ? »

      Alors pourquoi le bon-par-nature serait-il devenu mauvais-par-nature ? En fait, la réponse est contenue dans la phrase complète de Rousseau (généralement tronquée) « L'homme est bon par nature, c'est la société qui le corrompt ». Inclus dans cette société il y a les religions, leurs dogmes, leurs structures ecclésiales, leurs lieux de cultes. Celles-ci doivent donc s'interroger aujourd'hui de leurs responsabilités au sein de la société et à la crise qu'elle connaît. La cause religieuse est une absence d'évolution des religions pour s'adapter en permanence à celle de la société et à toutes les facettes de celles-ci, voire les dénoncer. Les conséquences sont une déliquescence de l'éthique, un abandon du pardon (base même des religions monothéistes), une absence de liberté, égalité et fraternité au sein des églises, et une désertification des lieux de cultes.

      Et le matin, à se regarder dans la glace, nul n'y voit un mauvais-par-nature, c'est bien sûr... les autres.

 Christian de Mittelwihr


précédent
Blogade 7 - Mise en ligne le  27 janvier 2009

suivant